Laissez tomber votre partition de batterie, jouez sans , c’est plus simple !

NON_aux_partitions_batterieOn nous dit qu’il faut savoir lire une partition, pour bien jouer un morceau, c’est la panacée. On nous raconte surtout n’importe quoi ! J’ai cherché la partition de batterie d’un morceau facile qu’on voulait jouer en groupe, et je ne l’ai pas trouvée. Alors j’ai décidé d’en faire un relevé moi même. Facile me direz-vous ! Surtout que le morceau ne présente pas de difficulté technique majeure.

Quelle erreur j’ai faite ! Et surtout depuis je joue le morceau, sans partition et c’est plus facile, oui mais comment ?

Quand on veut jouer un nouveau morceau, je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je commence toujours par chercher une partition de batterie sur le net.

Mais cette fois-ci, rien, nada, le néant total, que dalle. À croire qu’aucun batteur sur la planète ne s’est jamais intéressé à ce morceau.

Pas grave, ma pov’ Mag, t’as qu’à faire le relevé toi-même !

Si tôt, si tôt fait ! Dans quelle galère je me suis lancée !

En fait pour être honnête avec vous je ne me suis pas lancée bille en tête, casque sur les oreilles, clavier bien affûté à dérouler des mesures de noires et de croches dans mon éditeur de partitions.

Dégrossir le travail

Non, même quand on fait un relevé d’une partition de batterie, on a besoin de connaître les grandes structures du morceau, d’ailleurs j’en avais déjà parlé ici.

Et avec les membres du groupe on avait déjà bien déblayé le terrain, grâce à une grille et un joli code couleur qui nous va bien :

une grille d’un morceau

Grâce à cette étape, j’ai déjà un truc « jouable » en groupe, je sais quand changer de rythme, où sont les fioritures : par exemple les breaks où on entend plus que la grosse-caisse sur toutes les noires. Super effet!

J’ai griffonné en 10 min (soit 2 écoutes) quelques annotations de mon côté (là c’est la version « mise au propre » à l’ordi, la première version, c’était des pattes de mouche illisibles au crayon de papier!)

Et fort de ce premier dégrossissage, je me suis attelée à la tâche du relevé.

Le Relevé

Alors pour la petite histoire, il s’agit du morceau « You’re So Vain », la reprise de Marilyn Manson du titre original de Carly Simons.

C’est un morceau, tout ce qu’il y a de tout « simple », que des noires, ou des croches, pas de syncopes, ni ternaire, même pas de fills compliqués. Bref un truc qui devrait aller vite !

Donc me voilà maintenant avec ma grille de déchiffrage, le casque sur les oreilles, devant mon ordi.

Lecture, pause, tape tape tape, lecture, pause, retour en arrière, correction, lecture, pause

Bref vous voyez le dessin.

Ça prend un temps infini ! En plus le logiciel de notation musicale est impitoyable! il ne vous laisse pas écrire des rythmes incomplets ou faux. Si une mesure ne diffère que d’un coup de la mesure suivante, il faut là réécrire entièrement !

Cerise sur le gâteau, le 2ème couplet n’est pas tout à fait comme le 1er couplet, sur une partition, on n’a pas le choix que devoir tout transcrire. Alors que sur mon griffonnage, j’avais juste mis « charlé fermé + CC sur 2 et 4 ».

3 heures plus tard (véridique !) à force de retours en arrières, réécoutes. Je suis arrivée à une version plus ou moins aboutie. Je dis plus ou moins abouti, car je sais qu’elle n’est pas parfaite, qu’elle ne retranscrit pas exactement ce que le batteur du morceau joue.

Mais tant pis ! Tant pis parce que de toute façon je ne l’utiliserai pas !

Et oui, jugez de vous même :

Partition du même morceau

D’après vous, quel format est le plus lisible, avec quelle version peut on le mieux se repérer dans le morceau ?

La simplicité de l’à-peu-près contre la complexité de l’exactitude

En jeu en groupe, on a juste besoin de connaître les grandes parties et d’avoir des post-it, des aides-mémoires pour sa souvenir quel genre de rythme jouer quand.

Et ça mon griffonnage le fait beaucoup mieux que le relevé en solfège rythmique.

En plus, mon but ici c’est de jouer en groupe un truc qui se tient, et pas de savoir jouer parfaitement la partie batterie d’un morceau d’anthologie ! On n’est pas au conservatoire.

On est bien loin d’un morceau « de batterie », comme un Sunday, Bloody Sunday qui a un rythme vraiment spécifique et qui ne marcherait pas avec  « poum-tchak » de base.

Donc, dans le cas de ce morceau, la partition n’apporte pas grand chose, car il est difficile de repérer les grandes parties du morceau.

D’ailleurs dans les futurs morceaux qu’on jouera en groupe, même si je trouve les partoches sur le net, je me ferai un grille, c’est quand même beaucoup plus lisible !

Pourquoi il vaut mieux jouer SANS partition?

  • Déjà une grille, c’est beaucoup plus lisible
  • Ça nous oblige à penser la structure globale du morceau, et du coup on « retient » beaucoup mieux le morceau
  • On ne reste pas planté sur les petits machins qu’on n’arrive pas à faire, si on n’entend pas le vrai fill du morceau, on en met un qu’on sait jouer
  • On finit les morceaux
  • On sort le nez de la partoche et on fait de la MUSIQUE !

Même si vous ne jouez pas en groupe, pensez grille de morceau, structure globale, faites-vous plaisir et finnissez vos morceaux ! Vous ne le jouerez peut-être pas exactement comme le batteur du groupe, mais au moins vous irez au bout, ensuite, vous aurez le loisir d’y revenir pour mettre les petites finitions !

Alors, vous êtes prêts à jeter toutes vos partitions ? Comment vous faites vous pour jouer vos morceaux ?

Pour ceux que ça intéresse, voici la grille du morceau, et le relevé complet de la partition (aux erreurs d’approximation près).



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9 réflexions au sujet de « Laissez tomber votre partition de batterie, jouez sans , c’est plus simple ! »

  1. Bonjour Magalie,
    Oui et non, j’aime bien les partitions quand même. Je fais aussi une grille. Les deux sont utiles pour moi. Si effectivement il n’y a pas de difficulté et que l’on est pas à jouer exactement ce que le batteur joue, dans ce cas la grille se suffit à elle même.
    Dans d’autre cas la partition permet aussi d’apprendre de nouvelles techniques/nouveaux grooves.
    Je pense qu’il n’y a pas une seule vérité sur ce point.
    A+++
    Régis
    PS : pour les musique du groupe j’écrit les partitions quand il y a des difficultés dans le rythme.

  2. Salut magalie .

    Je me permet de modérer tes propos qui pourraient etre mal interprétés.

    Jouer sans partition est certes très important pour l écoute et le feeling du jeu de batterie.

    Mais par pitié : ne laissez pas tomber les partitions !

    Sans partitions , la majorité des rythmes sont trop compexe à appréhender de par la difficulté technique de l instrument , surtout concernant l indépendance.

    Le poumtchak est certes accessible à l oreille , mais vous serez bien vite limité dans votre apprentissage.

    Une partition de batterie n est qu un plan/ une carte pour nous rendre dans un lieu inconnu, et plus ce lieu est éloigné de nos connaissances, plus il est facile de se perdre en chemin.

    Pour résumer : servez-vous de la partition pour apprendre avec exactitude et ensuite de vos oreilles pour jouer avec le coeur !
    Xavier Articles récents..3 atouts indispensables pour être un bon batteurMy Profile

    • Alors là, Xavier, tu prêches un converti. je suis tout fait à d’accord avec toi. je n’ai rien de plus à ajouter. tout est dit.
      Pour une fois, je suis en désaccord avec Magalie.
      à bientot.

  3. Merci Xavier, c’est exactement ce que je pensais…
    J’arrivais juste pas à le formuler..
    En gros Magalie, je comprend ta démarche. « Jouer rapidement sans encoubles ».
    Mais sur ce papier tu t’es plantée. Les partoches sont essentielles pour comprendre la complexité d’un rythme, mais également pour communiquer et se synchroniser avec les partoches des autres musicos…
    J’ai envie d’ajouter que la batterie, c’est pas du poumtchac et que les rudiments ne sont pas que des frisés rébarbatifs…. C’est tout le vocabulaire.

  4. Je suis en accord total avec Xavier. Voilà bien un conseil que je ne suivrais pas. La lecture des partitions même si ça peut paraître rébarbatif à tout un chacun et encore plus un batteur débutant, c’est comme apprendre un langage et se contenter de quelques mots. Sans vocabulaire, une discussion va vite être limité et en musique c’est pareil. Il faut savoir « discuter » et pour cela intégrer un vocabulaire, un phrasé et tout le registre du batteur. Et pour savoir comme dire ceci ou cela avec une batterie c’est important de savoir comme c’est écrit. Et on retrouvera vite ce mot, cette phrase dans un autre morceau et ainsi pouvoir « dire » ce qui est écrit sur la partition.

    Quand j’ai commencé je n’avais aucun repère en solfège. Je pensais justement que la batterie c’était l’instrument idéal pour contourner ce manque. Et bien j’ai vite compris que ça allait être nécessaire et c’est aujourd’hui la clé pour réussir à jouer un morceau sans me poser des tas de questions.

    Le travail du solfège rythmique (on parle pas ici de solfège mélodique…) est vraiment un atout dans votre manche si vous y consacré un minimum de temps car ce n’est vraiment pas la chose la plus complexe et vous verrez que ça débloque beaucoup de chose.

    Par contre, c’est important de bien comprendre la structure d’un morceau pour se repérer et être bien en place. La partition permet aussi de savoir exactement où l’on est et ce que l’on a à faire. Tous les morceaux n’ont pas des structures « simples » du type intro/couplet/refrain/couplet/pont/outro avec 4 mesures pour chaque passage.

    PiLouche

  5. Pour moi aussi ,les partitions me sont utiles et m’ont permis de comprendre, d’évoluer et de maitriser des fills que je n’aurais jamais pu déchiffrer sans support écrit. Il est vrai que plus on progresse moins on a besoin de suivre la partition mais cela reste un outil ,une aide nécessaire quand le morceau est un complexe. En répet je m’en sert aussi pour me situer dans le morceau mais je ne reste plus comme avant les yeux rivés sur le papier car comme le souligne Magalie c’est difficile de jouer correctement et de lire en même temps. De plus ça nous laisse la possibilité d’écouter davantage les autres musiciens et cela est très important ;l’écoute.

  6. Merci mag pour ce chouette article :).

    D’ailleurs ça me fait plaisir, parce que je dois dire que je suis un brin allergique aux partoches. En tous cas j’y ai jamais fait appel pour le jeu en groupe j’essaie de tout décortiquer à l’oreille. J’ai jamais non plus eu recourt à des grilles ou quoi que ce soit. D’une manière générale, si on s’attaque à des reprises, j’écoute beaucoup le morceau choisi, je le décortique de tête et ensuite j’applique. S’il arrive parfois qu’il y ait des passages dont je ne saisis pas la logique, ou la technique utilisée, je vais chercher en essayant de reproduire, et si je comprends toujours rien, je m’attaque à des vidéos live ou à des tutos sur Ton Tube, mais j’ai vraiment horreur de faire recours aux partoches. C’est viscéral.

    Et je dois dire que ça ne me manque pas la plupart du temps, j’arrive presque toujours à m’en sortir sans la partition quitte à ne pas jouer exactement tout pile ce que fait l’original sur tel ou tel fill.

    Alors je comprends totalement le point de vue de Xavier, même si j’appliquerais pas. Mais c’est aussi une question de conviction perso. J’aime pas trop faire des reprises, et quand j’en fais ça m’intéresse peu de reproduire ce que joue le batteur d’origine, sauf quand j’y découvre des trucs qui me plaisent vraiment ou que je ne sais pas faire, auquel cas je vais avoir envie d’apprendre le truc en question :).

  7. moi qui suis ultra débutante, je comprends Mag. Je pense que c’est un très bon conseil pour une débutante autodidacte comme moi qui suis toute frustrée face à la complexité d’une partition. Car si les partitions étaient LA 1ère étape indispensable, j’aurai déjà revendu ma batterie !
    Pour ma part, je travaille beaucoup sur des vidéos et mon oreille. Quand le morceau est simple et que je connais déjà la chanson, je me débrouille et j’ai « l’impression » d’y arriver rapidement, et c’est ce que je recherche. .
    Ensuite en effet pour progresser et devenir bon, il me paraît indispensable de maîtriser les partitions; peut-être qu’un jour je pourrai jouer « basket case » de Green Day 🙂 parce qu’à la vidéo, ba … je déprime 🙂

    • Cela prouve bien et tu t’en comptes par toi même que la partition est indispensable si tu veux des morceaux plus complexes. Cdlt

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