Enregistrement d’une batterie acoustique : le mixage (partie 2/3)

mixer le son pour bien enregister une batterie acoustique

mixer le son pour bien enregistrer une batterie acoustique

Dans l’article précédent on a vu quel matériel était nécessaire pour parvenir à un bon enregistrement d’une batterie acoustique.

Mais une fois les micros branchés à la carte-son, on n’a toujours pas d’enregistrement. Cette semaine on va voir comment révéler le potentiel du son brut de votre enregistrement de batterie grâce au mixage et aux différents effets qu’on peut y ajouter grâce à des plugins..

Cet article est la deuxième partie de notre dossier en trois volet du guide complet sur l’enregistrement d’une batterie acoustique. Pour rappel, la première partie sur le matériel nécessaire est ici.

Gaeriel reprend la plume pour cette fois-ci nous parler du mixage et des différents effets que vous pouvez appliquer pour booster votre enregistrement. La parole passe maintenant à Gaeriel.

 

Les autres parties du dossier sur l’enregistrement des batteries acoustiques

Le mixage de l’enregistrement d’une batterie acoustique

On a parlé plus tôt dans la première partie sur le matériel nécessaire à l’enregistrement d’une batterie acoustique de MAO (musique assistée par ordinateur), cela signifie que l’on va profiter des avancées de la technologie pour s’affranchir de tout le matériel coûteux et pesant des vieux studios d’enregistrements.

On se retrouve donc avec un programme informatique qui contient des tas de « plugins » numérisés, comme des compresseurs, des reverb, des delay, des equalizers et j’en passe.

Bref, tout le traitement du son va pouvoir se faire uniquement avec une souris, un clavier, et de bonnes oreilles. Tant que j’y suis, ajoutez un bon casque ou une bonne paire d’enceintes à votre liste de courses, ça peut servir !

Cubase, un logiciel de mixage parmi d’autre

Dans votre logiciel, vous allez créer une piste par micro, toutes en mono et y attribuer à chacune un micro.

Première piste le snare, deuxième le kick, troisième le premier overhead etc. etc.

Il vous faudra ensuite paramétrer les réglages de vos préamplis (potards sur la carte son) pour éviter toute saturation à l’enregistrement (ne pas dépasser la ligne rouge !).

Vous pouvez désormais enregistrer votre batterie.

Et pour un cover, vous créez une simple piste stéréo, y copiez-collez votre musique drumless, et jouez par-dessus grâce à un casque relié à votre carte son qui restituera la musique. Magie !

Pour le traitement du son après l’enregistrement, j’ai sélectionné quelques réglages et plugins de base. On peut bien sûr aller beaucoup plus loin, mais il faut aussi être beaucoup plus compétent !

Plugins de base pour le traitement d’un enregistrement de batterie acoustique

Pan stéréo

Pour que votre batterie ne sonne pas trop bordel, il est utile d’en étendre l’acoustique sur tout le spectre sonore. On va donc placer notre batterie de gauche à droite, ou de droite à gauche selon les préférences :

  • Un overhead à gauche,
  • un à droite,
  • le snare et le kick au centre du mix,
  • et les toms étalés d’un côté à l’autre

Et cela va déjà beaucoup faciliter votre mixage.

Vous pourriez vous arrêter ici dans le traitement du son suivant le résultat que vous obtenez, mais voici quelques conseils :

Noise Gate : Nettoyer l’enregistrement d’une batterie acoustique

Traduisons par « porte anti-bruit » pour en simplifier la définition. La gate est un plugin que l’on va venir placer sur les éléments dynamiques de la batterie. Soit tous les éléments sauf les micros overheads ou d’ambiance.

La gate va permettre de limiter ce que l’on appelle la « repiss » c’est-à-dire l’apparition dans la piste dédiée au snare, par exemple, de sons issus du reste du kit.

Avec le bouton threshold [Note de Mag : niveau], on va choisir à partir de quel volume la « porte » se ferme de sorte à n’entendre quasi plus que les sons du snare et éliminer les sons résiduels du reste du kit.

Attention toutefois à ne pas trop fermer la porte, car si vous faites des roulements ou des ghosts notes, suivant vos réglages, ils vont passer à la trappe !

Compresseur : réduire la dynamique des sons violents

Comme son nom l’indique, le compresseur compresse. Il est utile notamment sur le kick

Un compresseur pour embellier votre enregistrement de batterie

Un compresseur pour embellir votre enregistrement de batterie

et le snare (mais parfois aussi sur les toms) en venant réduire la dynamique des sons plus violents au-delà d’un seuil que vous définissez grâce au bouton threshold. Il vous est ensuite possible de régler l’attaque, c’est-à-dire le temps pris par la compression. Basiquement, ça fera sonner vos coups de snare plus ou moins puissamment, dans une moindre mesure bien sûr.

L’astuce magique pour la batterie consiste en ce qu’on appelle la « compression parallèle ».

Equalizer : un booster ou atténuateur de fréquence

L’equalizer permet de booster ou d’atténuer certaines fréquences sur un son. Si votre son de snare contient une vibration qui vous gêne, par exemple, vous pouvez l’atténuer avec l’equalizer.

A contrario, vous pouvez amplifier une fréquence que vous souhaitez voir mise plus en avant. Le traitement par equalizer de chaque élément de batterie me paraît une étape quasiment obligatoire pour obtenir un son agréable.

La reverb : donner de l’ampleur au son

On peut juger artificiel le fait de rajouter de la reverb sur un kit de batterie au mixage. Et c’est tout à fait vrai. Seulement vous vous rendrez compte bien vite que dans votre pièce très bien insonorisée et en l’absence de microphone d’ambiance (qui capte donc le son de la résonnance dans la pièce), votre kit risque de sonner un peu « poc-poc ». Mettre de la reverb sur vos éléments de batterie, avec parcimonie, permettra de redonner un peu d’ampleur à votre son.

Personnellement, j’utilise uniquement ces quatre plugins. Il s’agit d’un choix de ma part car je ne souhaite pas trop trafiquer le son de ma batterie ni m’embourber dans des concepts de mixage trop poussés ou compliqués. Je suis batteur avant tout, pas ingénieur du son. Et j’ai par ailleurs toujours l’impression de tricher lorsque je retouche trop mon son.

Derniers mots, pour la route

Avant de vous laisser vagabonder dans les joies de l’enregistrement et du mixage, il me faut mettre en exergue certains points.

Réfléchissez bien à ce que vous voulez faire avant de vous lancer, et ne négligez pas le temps que vous devrez passer pour maîtriser votre matériel et le mixage. Il ne suffit pas de brancher des micros et de lancer l’enregistrement si l’on veut atteindre un bon résultat. Si l’on est plutôt flemmard, on préférera la méthode batterie électronique ou enregistreur simple (zoom) voire technique à deux-trois micros.

L’enregistrement complet d’une batterie peut s’avérer complexe et prise de tête, mais aussi très plaisant. Ce n’est pas si compliqué d’obtenir quelque chose de bien, mais il faut prévoir d’y passer du temps.

Vous enregistrer ne vous fera pas sonner bien. Si vous êtes content du son de votre batterie lorsque vous en jouez, vous le serez peut-être beaucoup moins au moment de l’enregistrer, pour diverses raisons.

Votre accordage et d’une grande importance à l’enregistrement, et si vous avez décidé de mater toutes vos peaux, vous manquerez de matière à l’enregistrement par exemple, alors que ça vous suffit en répète car cela fait beaucoup de bruit et que vous avez l’acoustique de la pièce pour vous servir.

Vous devrez peut-être retravailler le son de votre batterie en fonction de l’enregistrement. En théorie, cela ne devrait que vous faire progresser dans l’accordage de votre instrument, car pour la première fois vous l’entendrez selon une autre perspective.

A ce sujet, notez bien que l’enregistrement ne restitue pas le son acoustique réel que vous percevez en jouant ! Quand vous enregistrez, le son est perçu par des micros sans cœur ni âme, passe par des préamplificateurs qui se fichent pas mal de votre perception auditive, et enfin est restitué par des enceintes ou un casque qui a sa propre conception des sonorités.

Tous les traitements sonores que vous ajouterez par MAO se feront donc selon une perception extrêmement différente de celle que vous avez en jouant, et ils doivent aussi être appliqués (l’equalizer en particulier) pour corriger les imperfections créées par la digitalisation du son, notamment induite par les microphones.

J’espère que cet article vous aura été utile, et pour le cas où vous voudriez en savoir plus je tiens également un blog : le Studio Heavy. J’ai peu travaillé dessus ces derniers mois en raison d’actualités personnelles prenantes, mais je pense me remettre à écrire prochainement.

Et pour le cas où cet article vous aura intéressé, en fonction de vos souhaits, je pourrais éventuellement rédiger un nouvel article contenant des exemples sonores du processus entre le son acoustique, le son enregistré, et le son mixé avec les différents effets, ou peut-être un tuto vidéo.

Merci de votre attention !

La semaine prochaine, avec une troisième partie, on clôturera le dossier sur l’enregistrement des batteries acoustiques par un exemple en vidéo appliqué au traitement de son sur un enregistrement brut, même si vous n’avez pas une multitude de micros (l’enregistrement qui a servi de cobaye a été fait avec un enregistreur portatif!)

Merci à Gaeriel pour son article une fois encore très concret et complet. Si vous souhaitez que Gaeriel vous en dise plus sur l’utilisation des plugin, qu’il nous montre tout ça en exemples, vite ! Connaissiez vous l’existence de ces plugins, y-a-t’il des imperfections dans vos enregistrement bruts que vous aimeriez corriger avec des effets ?

Les autres parties du dossier sur l’enregistrement des batteries acoustiques


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4 réflexions au sujet de « Enregistrement d’une batterie acoustique : le mixage (partie 2/3) »

  1. Salut

    Superbe article qui mériterait beaucoup plus approfondissement, mais c’est un travail de titan.

    Pour la panoramique :
    Perso, j’aime bien décaler la caisse claire légèrement vers la droite.

    Voici quelques points à faire attention :
    – les problèmes de phase (par exemple sur une caisse claire, s’il y a 2 micros, 1 au-dessus et 1 en-dessous, il faut appliquer un inversion de phase sur l’un des micro)
    -La compression, bien faire attention à l’attaque (c’est le temps que mets le compresseur à se déclencher). Par exemple pour la grosse caisse, on veux garder la frappe et puis avoir la rondeur. Il faut bien régler cette attaque pour laisser passer la frappe

    Le mixage et l’enregistrement de la batterie est une tache qui demande un peu d’expérience, mais qui tellement jouissif
    Damien Articles récents..Commentaires sur Posez Vos Questions Ici par JocelynMy Profile

  2. Bonjour, très intéressant pour la batterie acoustique mais comment faire pour séparer les canaux d’une batterie électronique? Merci
    Cordialement.
    Alain

    • Certaines batteries électronique disposent de plusieurs sorties audio (1 par « fut »), mais d’autres n’ont seulement qu’une sortie stéréo.

      Dans le 1er cas, c’est simple : Il suffit d’enregistrer toutes les sorties audio sur des pistes différentes.

      Sinon beaucoup de batteries électronique ont une sortie MIDI (soit en USB ou en prise MIDI DIN 5), Alors il suffit de connecter la batterie à une ordinateur, ouvrir un séquenceur audio, et charger un rack de batterie dans le séquenceur. (il existe des centaines de configurations). une fois le tout configuré, il reste plus qu’à enregistrer
      Damien Articles récents..Commentaires sur Quel ordinateur pour la MAO ? par ludoMy Profile

  3. Ping : [Vidéo] Mixage de batterie acoustique : exemple sur enregistrement brut - Batteur DébutantBatteur Débutant

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