Les secrets des mesures complexes enfin dévoilés

Signature Rythmique complexesIl vous est déjà arrivé de rencontrer dans l’une de vos chansons préférées une signature rythmique un peu tordue comme du 5/8, du 7/8, du 12/4.

Aujourd’hui on va reprendre les bases, le B-A-BA et vous verrez, plus aucune signature rythmique bizarre ne pourra vous faire peur !

Pour aborder ce thème, j’ai l’immense plaisir d’accueillir Fabien du blog Musikio comme chroniqueur invité pour Batteur Débutant.

Bonjour tout le monde, moi c’est Fabien. Avant de commencer, je tiens à remercier Magalie qui me permet d’écrire un article. C’est avec un immense plaisir que je me prête à l’exercice !
Rapide présentation : J’ai 28 ans. Je suis musicien depuis l’âge de 4 ans et demie (très important la précision) et j’ai terminé le conservatoire il y a environ 10 ans en alto (un violon un peu plus gros pour ceux qui ne connaissent pas). J’aime toucher à tous les instruments et je fais régulièrement du violon, du piano, de la batterie, de la guitare, …
Bref, si je suis ici aujourd’hui, c’est pour vous faire un cours de torture solfège. Je vais vous expliquer le principe des mesures complexes.
Pour celles et ceux qui sont hantés par le solfège, je vous invite à lire mon article sur le sujet (l’amour du Solfège), ça pourra toujours vous aider 😉

Revenons-en à nos moutons. Le 1er objectif est de faire la distinction entre les moutons temps binaires et les temps ternaires.

Pour faire simple, les temps binaires se « découpent » en 2. Alors que les temps ternaires se « découpent » en 3.

Jusqu’ici rien de compliqué. Avant de continuer, quelques exemples pour illustrer tout ça.

Prenons le cas de plusieurs valeurs rythmiques simples :

  • La blanche : elle peut se découper en 2 noires
  • La noire : elle peut se découper en 2 croches
  • La croche : elle peut se découper en 2 doubles
  • etc…

Si nous prenons maintenant le cas des valeurs rythmiques dites « complexes » :

  • La blanche pointée : elle peut se découper en 3 noires.
  • La noire pointée : elle équivaut à 3 croches.
  • etc…

Voyez-vous la différence ? Dernière chance avec une image !

Rythmes Simples ou binaires

Rythmes Simples ou binaires

Rythmes complexes ou ternaires

Rythmes complexes ou ternaires

Les bases étant posées, il ne nous reste plus qu’à mettre ça en partition… Chaque partition est décomposée en mesures et chaque mesure contient la même « valeur rythmique ».

Concrètement, si une mesure dure 1 seconde, toutes les mesures de votre partition dureront également 1 seconde. Prenons un exemple où notre partition est découpée en plusieurs mesures d’une valeur de 4 noires chacune. Nos mesures pourront contenir tous les rythmes que l’on veut tant que l’on respecte cette règle des 4 noires. On pourra donc mettre dans nos mesures :

  • 4 noires
  • 2 blanches
  • 8 croches
  • 1 blanche, 1 noire et 2 croches – 8 doubles et 1 blanche

L’essentiel est que la valeur rythmique générale corresponde à 4 noires. Vous êtes toujours avec moi ? Parfait, continuons !

Tout ça, c’est bien beau ! Mais en tant que musicien, vous avez besoin de savoir comment le compositeur à découpé sa partition. Est-ce qu’il a mis 4 noires par mesure, 2 blanches, 8 croches, … ?

1. Le cas des mesures binaires :

Pour indiquer ça, on va noter 2 chiffres, l’un sur l’autre au tout début de notre partition.

– Le chiffre du bas indique si l’on est à la noire, à la blanche, à la croche, à la double, … (Le chiffre 1 correspond à la ronde, 2 à la blanche, 4 à la noire, 8 à la croche, 16 à la double, …)

– Le chiffre du haut indique le nombre de fois qu’apparait le chiffre du bas (2 fois, 3 fois, 4 fois, …)

Je vois que vous avez besoin d’image :

Signatures rythmiques simples

Signatures rythmiques simples

Avant de lire la suite, faites l’exercice de trouver tout seul l’équivalence de ces mesures d’exemple.
Ça y est, vous y êtes arrivé ? Vérifions :

1er exemple : la chiffre du bas nous indique que la valeur rythmique de référence est une noire. Le chiffre du haut nous indique qu’il y en a 3.

2ème exemple : le chiffre du bas nous indique que la valeur rythmique de référence est une croche. Le chiffre du haut nous indique qu’il y en a 2.

3ème exemple : Oh le méchant garçon que je suis, j’ai ajouté une notation que je n’ai pas expliqué. Allez, je vous aide. le C est l’équivalent d’une mesure 4/4. Alors ? Oui nous avons bien une mesure à 4 noires.

4ème exemple : Méchant jusqu’au bout, 2ème notation « spéciale ». C’est l’équivalent d’une mesure 2/2 donc ? 2 blanches par mesure.

2. Le cas des mesures ternaires :

Pour les mesures ternaires ou « complexes », c’est un peu plus compliqué. On va être obligé d’utiliser les « subdivisions » des différents temps. Je m’explique :

– La subdivision d’une noire pointée, c’est 3 croches
– La subdivision d’une croche pointée, c’est 3 doubles -…

Du coup le principe devient le suivant :
– Le chiffre du dessous indique le nombre de subdivisions que l’on veut dans notre mesure. Imaginons que l’on veuille 3 noires pointées. Et bien on devra écrire l’équivalent de ces subdivisions, c’est à dire les croches, soit le chiffre 8 (comme vu plus haut).

– Le chiffre du haut indique le nombre de subdivisions au lieu du nombre de « temps ».

Pour résumer on multiplie par 3 ce que l’on veut et on chiffre notre mesure en conséquence 🙂

Voici quelques exemples en images, avec les explications après :

Signatures rythmiques ternaires ou "complexes"

Signatures rythmiques ternaires ou « complexes »

Nous avons donc 3 exemples :
1er exemple : Le chiffre du bas nous indique que notre subdivision est la croche. Le chiffre du haut, lui, nous indique qu’il y en a 6.

Au final, nous avons une mesures à 6 croches. Si l’on parle en version « ternaire » ou « complexe ». C’est une mesure à 2 noires pointées. Pour battre le tempo, on s’y prendra donc de la même façon qu’un 2/4 mais chaque temps sera décomposé en 3 et non en 2.

2ème exemple : Le chiffre du bas nous indique que notre subdivision est la noire. Le chiffre du haut dit qu’il y en a 9. Nous avons donc une mesure à 9 noires, soit 3 blanches pointées.

3ème exemple : Même principe, nous avons 12 doubles, soit 4 croches pointées.

Attention, le chiffre du haut doit toujours être un multiple de 3 pour correspondre à une mesure ternaire.

Je sais que ce n’est pas évident toute cette théorie, mais vous verrez qu’avec l’habitude, on s’y fait. Même s’il est vrai que dans la musique, le rythme binaire est largement diffusé, le rythme ternaire reste présent dans certains styles.

En tant que batteur, vous vous devez d’être implacable sur le rythme, en pratique comme en théorie. Les mesures simples et complexes font donc partis du B-A-BA de vos connaissances à avoir.

Avant de vous laisser, voici une question pour vous :
La Valse est-elle une musique binaire ou ternaire ? Inutile de tricher, c’est juste pour savoir si vous avez compris…

Fabien du blog Musikio



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21 réflexions au sujet de « Les secrets des mesures complexes enfin dévoilés »

  1. Merci beaucoup Magalie pour l’article et merci Bernard pour le commentaire 🙂

    Si certains d’entres-vous ont encore quelques questions sur le sujet, n’hésitez pas à me les poser dans les commentaires (je suis un fidèle visiteur de Blog Batteur Débutant !).

  2. Explications très claires, merci !
    Moi, je me suis simplifié la vie (musicale) en me disant :
    Si le chiffre du bas 4, signifie noire, le 8 est la croche et le 16 la double croche.
    Aussi, dans le 1er et le 3ème exemple, les mesures en 6/8 et 12/16 ne sont-elle pas identiques à 3/4 ?
    Si la mesure comporte 6 croches ou 12 double-croches, elle contient toujours 3 noires… Non ?
    D’autre part, tu nous dis que le chiffre du haut doit être multiple de 3…
    Alors, quen est-il de la mesure 5/4 (Exemple « Take Five » « décortiqué » par Laurent) ?

  3. Bonjour Michel,

    Mathématiquement, ce que tu dis est juste. Par contre au niveau musical, il y a une différence. Quand tu bats une mesure en 6/8, tu bats comme une mesure 2/4, sauf que dans chaque battement, tu aura un rythme divisible par 3 (dans ce cas, tu auras 2 battements d’une noire pointéeset non 3 noires). Au niveau du swing, ça sonne pas de la même manière. Le ternaire est très utilisé en Jazz, où l’on joue sur la ride les croches 1 et 3 du temps (ce qui donne : noire croche, noire croche, …). Si t’essayes de passer ça en binaire, ça n’aura pas le même charme, bien que mathématiquement faisable (noire, croche croche, croche croche, …). Tu vois ce que je veux dire ?
    Pour les mesures type 5/4, ça fait parti des cas particuliers simples (parce qu’il en existe des plus complexes). Pour tout dire, il y aura surement une suite à cet article (mais chut !). En l’occurrence, une mesure 5/4 est une mesure binaire avec 5 noires par mesure, rien de plus. En espérant avoir répondu à tes questions…

    • Je m’auto-réponds pour préciser qu’une mesure 5/4 peut aussi être vu comme une mesure en partie ternaire et en partie binaire. Je prendrai le temps d’expliquer dans un article complet 😉

    • Bonjour,
      Un bel exemple de 5/4 : Take Five de Dave Brubeck avec Joe Morello (dont il était question la semaine dernière) à la batterie. Avec un solo de J Morello comme chaque fois (il y a plusieurs vidéos sur le net) :

        • Merci pour l’exemple, il est d’à propos à tous niveaux. Quoi de plus sympa qu’écouter quelqu’un qui aborde la mesure complexe de façon simple (ou naturelle) ? Cela donne l’illusion de croire que c’est facile certes mais motive le débutant sur des airs immortels et sur l’attitude de batteurs ayant également été les plus formateurs (donc contribuant à l’essor et au plaisir de la percu).

          En résumé c’est un exemple plus qu’humain puisque la façon même de jouer de JM me suggère qu’il a bien écouté ses profs ou pairs et travaillé autant sur ce qui est imposé que sur ce qu’il a ou aurait découvert. Le résultat n’est pas de la pure impro ou lâcher d’enfer technique à la Buddy Rich mais vraiment musical toutes mesures confondues, ce qui est à l’honneur du travail et des règles d’improvisation de son temps, même si le Jazz autorise beaucoup de choses…

          Encore un bel exemple qui montre que le contrôle absolu est plus important que la vitesse absolue même si tous batteurs digne de ce nom doivent savoir jouer rapidement sans trop se fatiguer ou suer (A moins d’adopter la Buddy Rich attitude qui consiste à tout donner pour continuer à apprendre, à progresser techniquement, quel qu’en soit le risque ou le prix à payer : même en spectacle rôdé mais bon c’est BR et même en pédagogue provocateur, s’il ne s’est jamais calmé c’est également pour le plus grand plaisir de ses auditeurs).

  4. Pas évident d’expliquer ces trucs là, encore moins textuellement. C’est plutôt bien réussi, même si pour vraiment comprendre, y’a pas de miracle, faut bosser, voire prendre des cours.

    Perso j’ai plus trop de réflexion sur les signatures rythmiques. Je bouffe des partitions d’harmonie avec les machins les plus chelous dedans depuis des années, et suffit généralement de lire sa partition, quelle que soit la signature rythmique. Je dois bien dire qu’au début je n’y comprenais rien, à force c’est rentré, et c’est devenu quasi réflexe de le reconnaître ou de les appliquer, partoche ou non.

    Juste pour dire qu’avec de l’entraînement, on y arrive très vite, pour rassurer ceux qui paniquent devant le solfège :). On galère un peu, parfois beaucoup, mais quand c’est compris, c’est pour la vie 😀

    Merci Fabien et Magalie pour ce bon papier :).

    Et pour moi, la valse c’est du ternaire :), même si la signature rythmique d’une partition peut varier.

    • Merci pour le complètement, entièrement d’accord. L’entrainement, l’expérience, … et tout fini par s’intégrer.

      Pour la valse, les 2 réponses sont bonnes ! Valse lente = battue à 3 noires, donc binaire. Valse rapide = battue à la mesure donc ternaire 😉

  5. Expliqué par Fabien çà parait plus simple ;j’aurais dû attendre avant de jeter l’éponge ….Main’ant comment appliquer cela en jouant ,çà c’est une autre histoire mais merci pour les explications claires.

    • Merci Chris c’est sympa 🙂
      Pour ce qui est de l’application, pas de secret, le travail, le temps, la patience. La théorie c’est bien mais la pratique, rien de tel pour progresser vraiment.
      Bon courage en tout cas !

  6. Méchant quand ça peut permettre d’en apprendre davantage ? Pas tant que ça même si cela aurait été sympa de mettre au moins le H propre à la batterie. Ce qui me semble rébarbatif pour le débutant est :

    1- La diversité de combinaisons au départ s’il veut disposer de bonnes bases utiles à déchiffrer. Vous avez très bien introduit la question avec des exemples à la clef et suffisamment, ce qui fait que bon nombre, y compris les fameux no prise de tête, peuvent s’y retrouver un minimum.

    2- La théorie certes universelle mais toujours et encore expliquée à la sauce classique, ce qui fait que le rapport entre solfège et pratique de l’instrument n’est pas ou jamais clairement évident, y compris pour les esprits logiques ou pragmatiques. Par exemple, s’il est avisé d’utiliser les fractions et multiples homologues pour s’en faire une raison logique, vous avez raison de signifier que 6/8 n’est pas 12/16 ou 3/4, ne serait-ce qu’au niveau de la résolution spatio-temporelle de la lecture.

    3- La double représentation ou interprétation des cas particuliers, comme pour l’exemple cité en 5/4. Je suggère car je pense qu’il aurait été d’à propos de parler de la nette différence entre la notion de triolet et de note pointée (je crois que beaucoup peuvent confondre quand ils s’y mettent vu qu’il y a pas mal d’implicite dans les notations moins modernes). Peut-être pour un prochain post car ça c’est pas sympa de le garder en secret avec un titre en « secrets dévoilés », surtout en ternaire… Méchant garçon ! C’est comme si une nana plutôt pas mal disait qu’elle va s’habiller en tenue assez dévoilée pour la Saint Val et qu’au final, on ne verrait rien du tout (ni clair, ni suggéré) à part une écharpe qu’on enlève à l’entrée. Mais bon, je dévie vu que j’ai hâte d’être à ce soir.

    Merci pour cet article aussi clair qu’accessible et au plaisir de lire la suite.

    • Tout à fait d’accord avec tes remarques. pour les triolets, l’essentiel est de savoir qu’il fait parti des rythmes binaires.
      Ainsi un triolet de croches sera l’équivalent d’une noire divisée en 3 parties égales.
      Alors que les 3 croches d’un rythme ternaire valent une noire pointée.
      Le triolet est donc un moyen de mettre un petit côté ternaire dans une mesure binaire. Il faut simplement ne pas se mélanger les pinceaux 🙂
      Le triolet (et duolet) mériteraient à eux seuls un article avec application à la clé…

      • Cela est d’autant plus important qu’un débutant ne peut que se mélanger les pinceaux si on n’en parle pas dès le départ d’où ma suggestion. La théorie ne pouvant en aucune manière notifier la notion de groove ou de style musical, il est certain que le côté ternaire sur un rythme binaire n’est qu’une interprétation parmi d’autre (en l’occurrence la plus banalement admise). Donc tout à fait d’accord qu’il ne faut pas se mélanger les pinceaux à partir de ce qui encourage à se les mélanger pour les débutants ouverts d’esprit ou créatifs 🙂 … Et ce, même si le fait de le faire simplement ne passe que par une représentation naïve ou simpliste de la musique (simplification pourtant bien utile pour tous et indispensable pour les procrastineurs et autres faux passionnés).

        Mais dans l’absolu et pour les adeptes de la pratique, vous ne verrez aucune différence entre des séries de triolets joués en binaire, ternaire ou autre puisque la notion de mesure et de subdivision n’est qu’une abstraction, qui par ailleurs souffre de lacunes monumentales en terme de communication musicale authentique (y compris pour les accents et autres fioritures, toujours susceptibles de correspondre à projections ou interprétations trop divergentes au vu des infinies possibilités musicales qu’on ne peut restreindre au solfège).

        Par exemple, si 3 croches valent une noire pointée en ternaire, il serait intéressant pour les débutants de préciser la notion de temps plus précisément ou du moins la différence de lecture binaire/ternaire dans ce cas… Heureusement pour moi, quand j’ai appris cette différence, je n’ai jamais confondu la durée d’un temps et la durée d’un temps et demi :-). En attendant l’article sur duolet/triolet je vais faire simple : Un triolet ne sera jamais une note pointée puisqu’on ne divise par trois que dans le cas de triolet (une note pointée étant de durée égale à sa durée ajoutée de la moitié de cette dernière). Ou alors faudra-t-il effectivement préciser dans cet article dédié que le ternaire a une grille de lecture différente de celle du binaire sinon les débutants non paranoïaques mettront simplement les pieds dans le plat…

        Il reste que le seul dénominateur commun étant le solfège pour partager/communiquer musicalement de façon formelle, l’étude de la notation s’avère incontournable dans ce contexte.

  7. Ping : Déchiffrer les mesures impaires

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